Les Rythmes de Porto Rico: La Plena

par Jorge Ginorio © 2003
trad. Robert Leroux

 

 
 
 

Les origines de la forme musicale connue sous le nom de Plena remontent au début des années 1900, sur la côte sud de Porto Rico, dans un quartier de la ville de Ponce nommé de La Joya del Castillo, et plus précisément sur la rue Castillo. La Plena faisait initialement office de journal chanté, permettant ainsi aux résidents du barrio de communiquer les événements et nouvelles de la journée.

Les principaux instruments de percussion utilisés dans la plena sont trois panderetas (tambours sur cadre à une peau), aussi nommés panderos, et le güícharo (gourde râclée). Les panderetas se nomment, du grave à l’aigu, Seguidor, Segundo ou Punteador (aussi nommé « Banao » dans le quartier de Santurce), et Requinto.

Dans l’ensemble de plena, le seguidor, le punteador et le güicharo tiennent le rythme de base, alors que le requinto est utilisé pour improviser en créant une interaction rythmique avec les appels et réponses des voix, et le jeu des instruments mélodiques.

Les panderetas modernes sont fait de différents matériaux tels que le bois, le métal et la fibre de verre. Le système de tension est similaire à celui que l’on trouve sur les timbales et la membrane est faite de peau de chèvre. Les peaux sont assez fermement tendues, et leur son, de même que la sensation qu’on éprouve à les jouer, s’apparentent davantage aux congas qu’à la plupart des autres tambours sur cadre. Le son principal du seguidor et du punteador est ouvert, alors que le requinto produit deux sons de base, le claqué (slap) et le son ouvert.

Selon Hector « Tito » Matos, expert de la Plena et directeur du group newyorkais Viento de Agua, dans la vieille tradition de Plena connue sous le nom de « Punta de Clavo », les joueurs de requinto utilisent davantage leurs doigts dans leur technique. Les « Pleneros del Quinto Olivo » ont ensuite développé une nouvelle technique de jeu dans laquelle toute la main est utilisée, un peu comme la technique de conga. Aujourd’hui, cette technique s’est standardisée dans le jeu du requinto.

A Porto Rico, la plena se joue à différents tempi selon les régions. Par exemple, la plena de Ponce est habituellement plus lente que celle de Santurce. Aussi, il existe quelques variantes du genre, telles que la Plena Lamento au tempo très lent et avec des textes tristes et mélancoliques, la Plena Poética au tempo medium avec des textes plus poétiques, et la Plena con Mambo au tempo rapide avec un « Coro » très court, le « Coro Picao ». La Plena con Mambo est la variante de prédilection de groupes de Plena contemporains tels que Plena Libre, Plenéalo, Viento de Agua et Truco y Zaperoko.

Parmi les principaux artistes ambassadeurs de la Plena, du présent et du passé, mentionnons Joselino "Bumbúm" Openheimer, "Los Ingleses", Aranzamendi Brothers, Mario Rivera, Manuel "Canario" Jiménez, Marcial Reyes, César Concepción, Orquesta Panamericana de Lito Peña, Grupo ABC, Hermanos Santana, Rafael Cortijo e Ismael Rivera, "Mon" Rivera, Familia Cepeda, Hermanos Ayala, Pleneros del Quinto Olivo, Grupo Atabal, Paracumbé, Plena Libre, Plenéalo, Plena Dulzura, Golpe de Plena, Pleneros de la 21, Viento de Agua, Truco y Zaperoko
Pleneros à Puerto Rico photo de Pedro Barriera

Écouter les rythmes de la Plena

Ceci est une version de base de la Plena. A Porto Rico, la Plena peut être jouée à différents tempos, selon la région. Par exemple, la Plena de Ponce est plus lente que celle de Santurce.

(Note: les fichiers audios qui suivent sont au format RealAudio)

Seguidor, la partie basse

Segundo ou Punteador, la partie du milieu

Güícharo

Tout l'ensemble, avec le Requito en solo.

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