Photo :
Divers Bodhráns
dont le diamètre varie de 14” à 20” .
Ces tambours sont munis de peaux naturelles ou synthétiques,
accordables ou non. On voit également quelques baguettes.
Qu'est-ce que le Bodhrán
Le bodhrán (bough-rawn) est un tambour
sur cadre populaire en Irlande, dont les origines sont
possiblement multiples.
La similarité évidente de cet instrument
avec les tambours sur cadre en présence dans la région
méditerranéenne
suggère
des origines romaines, espagnoles ou nord-africaines. Plusieurs chercheurs
ont cependant remarqué sa ressemblance avec des contenants
plats de peau séchée ou des tamis, trouvés dans
les fermes des îles britanniques.
L'origine du nom ‘ bodhrán’ lui-même
est incertaine, bien que le mot irlandais gaélique bodhar (‘sourd’ ou ‘de
sonorité mate ’)
pourrait en être la source. Certains auteurs ont suggéré qu'il
s'agirait plutôt d'un dérivé de ‘tambourine’ en ‘bourine’, et
finalement en ‘ bodhrán’, d'autant plus qu'il
semblerait que les premiers bodhráns
étaient souvent assortis de sonailles.
Jusque sa renaissance moderne (depuis les années '20) comme
instrument d'accompagnement dans les ensembles populaires tels que
le Ceoltóirí Cualann de
Sean O Riada, le bodhrán était le plus souvent associé à des
rituels folkloriques tels que, notamment, les célébrations
rurales entourant la St. Stephen’s
Day le 26 décembre de chaque année.
Technique
Vue de
face :
les droitiers tiennent le tambour sur la jambe gauche, légèrement
serré sous le bras contre la cage thoracique.
Vue de
dos :
position de base, avec la main gauche reposant sous la partie
supérieure du cadre, de manière à pouvoir à étouffer la
résonnance de la peau.
Ce qui distingue le bodhrán
moderne des autres tambours sur cadre est principalement sa technique
de jeu. Alors qu'on croyait jadis qu'il devait être principalement
joué avec les mains, l'instrument est aujourd'hui le plus souvent
joué avec une courte batte ("tipper" ou cipin).
Photo :
Prise de la batte de la main droite. D'autres prises sont
utilisées, mais celle-ci, avec deux doigts sur le dessus
de la batte, donne un peu plus de force.
La technique de bodhrán la plus répandue, connue
sous le nom de "Kerry style", utilise les deux extrémités
de la batte avec un mouvement du poignet fluide et caractéristique,
presque unique
à cet instrument. Au départ, le tambour est frappé
par des mouvements vers le bas et vers le haut, avec le bas de la
batte à angle de
45 ° environ de la membrane.
Exercice #1- Frappes descendantes
et ascendantes (down-strokes & up-strokes).
Vidéo : Frappes descendantes et ascendantes
Les Rythmes
Le rythme le plus souvent associé à la musique irlandaise
est un rythme de danse à 6/8 que l'on nomme la "jig".
Bien que l'accompagnement de cette danse ne soit jamais joué de
la même manière d'une pièce à l'autre,
la pratique de ce rythme de base constitue une excellente façon
de développer une bonne technique
du
bodhrán.
Exercise # 2 - Rythme de "jig"
de base
Notons que le deuxième accent de la mesure est une frappe
ascendante. Un effet additionnel est obtenuparun jeu de la main gauche
qui se colle
à la peau ou s'en éloigne afin d'étouffer ou
laisser résonner le
son du tambour.
Vidéo: Rythme
de "jig" de
base, vu de face.
Vidéo: Rythme de "jig" de
base, vu de dos.
Le ‘triplet stroke’ est un ornement typique au jeu
du bodhrán.
La frappe descendante de cet ornement est en fait une frappe double,
alors que le bout supérieur de la batte suit immédiatement la frappe
principale afin de produire un second son rapproché du premier.
Bien qu'il soit utilie de comprendre le mécanisme du mouvement
nécessaire pour produire le ‘triplet
stroke’, il est généralement préférable
de développer graduellement
la précision et la force de cette frappe en l'intégrant à des
phrases rythmiques longues plutôt qu'en la travaillant de manière
isolée.
Exercise #3 - Variation de la
"jig" intégrant le "triplet
stroke"
Les frappes descendantes
et ascendantes, de même que les sons ouverts et étouffés
pour
l'Exercice 3 sont les mêmes que pour l'Exercice 2
Vidéo :
Variation de la "jig" intégrant le "triplet
stroke"
En enlevant la dernière croche de chaque mesure de la "jig", on
obtient un rythme de 5/8.
Bien que ne faisant pasvéritablement partie du répertoire
tradionnel de l'instrument, les mesures irrégulières
( 5, 7, 11, etc) offrent une excellente façon de développer
la technique du bodhrán.
Dans cette courte démonstration d'un rythme à 5/8,
la main gauche fait varier la hauteur du son du tambour par l'application
d'une pression sur sa peau.
Vidéo: Rythme à 5/8
Pour en savoir plus
On trouvera ici quelques sources recommandées d'information
sur le bodhrán
et sa technique du jeu, ainsi que quelques bonnes illustrations musicales.
Livre
Mícheál O Súilleabháin – The
Bodhrán (Waltons Musical Instrument Galleries,
Dublin, 1984).
CDs
Mary Bergin – Feadóga Stáin (Shanachie,
1992); Johnny ‘Ringo’ McDonagh:
bodhrán
The Chieftains – 7 (Claddagh Records,
1977); Kevin Conneff : bodhrán
Tommy Hayes – A Room in the North (Hanna
Music, 1997); Tommy Hayes: bodhrán
Flook – Rubai (Flatfish Records,
2002); John Joe Kelly : bodhrán
CD - Rom
Frank Torpey – Bodhrán Tutorial (Produced
by MadforTrad.com, 2001)