La Percussion d'Orchestre

par Serge Desgagnés © 2003
Percussion solo
Orchestre symphonique de Montréal

 

 
 
  J’aimerais profiter de cette fenêtre pour vous faire partager ma passion pour la percussion. Mon intérêt pour la percussion ne se limite pas à l’orchestre, mais j’ai eu la chance de développer une certaine expertise pour ce segment de notre art. Comme mon travail consiste à jouer les partitions exposées de percussion à l’Orchestre Symphonique de Montréal, il va sans dire que j’ai une relation particulière avec les percussions à clavier et la caisse-claire. Toutefois, aucun instrument ne peut être négligé. Même le moindre petit coup de triangle mérite toute l’attention du percussionniste. Tous les instruments à percussion peuvent créer un effet magique, il suffit de leur donner un souffle de musicalité.

Certains éléments sont essentiels pour bien faire sonner les percussions d’orchestre. Entre autres, il faut constamment être à la recherche de belles sonorités. Comme les styles sont très variés d’un compositeur à l’autre, il est important de bien choisir l’instrument, les baguettes et même d’adapter la technique de jeu selon l’oeuvre interprétée.

Je vous invite donc à consulter les sections suivantes qui donnent un aperçu des techniques de jeu. Pour tout commentaire, question ou suggestion, vous pouvez communiquer avec moi à cette adresse :
sergeperc@percuweb.ca

Les claviers

S’il existe un défi intéressant pour un percussionniste d’orchestre, c’est bien celui maîtriser les instruments à clavier. Parmi ceux-ci, les plus couramment utilisés sont le xylophone, le glockenspiel et les cloches tubulaires. Lorsqu’on est appelé à jouer des œuvres un peu plus modernes, le vibraphone et le marimba viennent s’ajouter à cette liste.

Selon mon expérience, il existe de grandes différences lorsqu’on joue les claviers à l’orchestre comparativement à s’exécuter en solo ou avec un petit ensemble. Le percussionniste, s’il veut bien s’adapter à l’orchestre, doit développer quelques subtilités dans son approche des claviers. Tous ceux et celles qui on joué un peu de xylophone savent qu’il est bien pratique de regarder l’instrument. Disons que ça évite de jouer n’importe quoi... Les claviers à percussion sont des instruments visuels. Le problème, c’est qu’il faut aussi regarder le chef d’orchestre et lire la partition. Sans aller en profondeur dans le sujet, je peux dire qu’à la base de l’approche, il faut d'abord sécuriser le jeu. Entre autres choses, il est important de choisir un doigté qui nous donne la marge de manœuvre nécessaire pour jouer à l’orchestre. Il faut réduire au minimum le déplacement des mains. Un bon doigté en solo n’est pas nécessairement un bon doigté à l’orchestre.

Voici un petit exemple où je joue un extrait de la Suite Háry János de Kodály dans lequel j’utilise un doigté qui me permet de regarder le chef tout en jouant les bonnes notes.



Séquence vidéo* (3,8 M)

Caisse claire

La caisse-claire est un instrument très intéressant à jouer à l’orchestre. Quelle sensation que de jouer la partition de tambour dans les symphonies de Shostakovitch ou Prokofiev. En même temps, la caisse-claire est un instrument exigeant. Il faut développer une bonne technique de jeu, maîtriser les rudiments et les nuances tout en développant une belle sonorité. Aussi, la caisse-claire doit être approchée avec une grande rigueur rythmique.

Une des difficultés de la caisse-claire à l’orchestre est le jeu piano. Il faut pouvoir jouer très doux tout en conservant une belle sonorité et un rythme solide. Pour relever le défi et surmonter la nervosité qui nous guette lors des concerts, je crois qu’il faut tout simplement approfondir la maîtrise technique de l’instrument. Aussi, il faut faire ce que trop de percussionnistes oublient de faire : RESPIRER. À titre d’exemple, voicI un petit extrait du début du Boléro de Ravel. Cette œuvre présente un beau défi pour le percussionniste qui doit être rythmiquement solide du début à la fin.



Séquence vidéo* (6 M)


Autres instruments

Un des aspects intéressants de la percussion est la diversité d’intruments. À part les claviers et la caisse-claire, il faut penser à développer le jeu des cymbales, de la grosse-caisse, du tambour de basque (tambourine), du triangle et de bien d’autres instruments. On pourrait aussi s’intéresser aux timbales mais je laisse le soin aux spécialistes de cet instrument de traiter le sujet. Il est important de dire qu’un bon percussionniste doit bien jouer de tous ces instruments. Trop d’étudiants négligent de travailler le triangle ou la cymbale par exemple.

Voici un court extrait de Petrouchka de Stravinsky qui demande un jeu technique amusant.



Séquence vidéo* (984k)

 

* Les séquences vidéo de cet article ont été réalisées par Jean Garon

 

 

 
 

 

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