J’aimerais
profiter de cette fenêtre pour vous faire partager ma passion
pour la percussion. Mon intérêt pour la percussion ne
se limite pas à l’orchestre, mais j’ai eu la chance
de développer une certaine expertise pour ce segment de notre
art. Comme mon travail consiste à jouer les partitions exposées
de percussion à l’Orchestre Symphonique de Montréal,
il va sans dire que j’ai une relation particulière avec
les percussions à clavier et la caisse-claire. Toutefois,
aucun instrument ne peut être négligé. Même
le moindre petit coup de triangle mérite toute l’attention
du percussionniste. Tous les instruments à percussion peuvent
créer un effet magique, il suffit de leur donner un souffle
de musicalité.
Certains éléments sont essentiels pour bien faire
sonner les percussions d’orchestre. Entre autres, il faut
constamment être à la recherche de belles sonorités.
Comme les styles sont très variés d’un compositeur à l’autre,
il est important de bien choisir l’instrument, les baguettes
et même d’adapter la technique de jeu selon l’oeuvre
interprétée.
Je vous invite donc à consulter les sections suivantes
qui donnent un aperçu des techniques de jeu. Pour tout commentaire,
question ou suggestion, vous pouvez communiquer avec moi à cette
adresse : sergeperc@percuweb.ca
Les claviers
S’il existe un défi intéressant pour un percussionniste
d’orchestre, c’est bien celui maîtriser les instruments à clavier.
Parmi ceux-ci, les plus couramment utilisés sont le xylophone,
le glockenspiel et les cloches tubulaires. Lorsqu’on est
appelé à jouer des œuvres un peu plus modernes,
le vibraphone et le marimba viennent s’ajouter à cette
liste.
Selon mon expérience, il existe de grandes différences
lorsqu’on joue les claviers à l’orchestre comparativement à s’exécuter
en solo ou avec un petit ensemble. Le percussionniste, s’il
veut bien s’adapter à l’orchestre, doit développer
quelques subtilités dans son approche des claviers. Tous
ceux et celles qui on joué un peu de xylophone savent qu’il
est bien pratique de regarder l’instrument. Disons que ça évite
de jouer n’importe quoi... Les claviers à percussion
sont des instruments visuels. Le problème, c’est qu’il
faut aussi regarder le chef d’orchestre et lire la partition.
Sans aller en profondeur dans le sujet, je peux dire qu’à la
base de l’approche, il faut d'abord sécuriser le jeu.
Entre autres choses, il est important de choisir un doigté qui
nous donne la marge de manœuvre nécessaire pour jouer à l’orchestre.
Il faut réduire au minimum le déplacement des mains.
Un bon doigté en solo n’est pas nécessairement
un bon doigté à l’orchestre.
Voici un petit exemple où je joue un extrait de la
Suite Háry János de Kodály dans lequel j’utilise
un doigté qui
me permet de regarder le chef tout en jouant les bonnes notes.
La caisse-claire est un instrument très intéressant à jouer à l’orchestre.
Quelle sensation que de jouer la partition de tambour dans les
symphonies de Shostakovitch ou Prokofiev. En même temps,
la caisse-claire est un instrument exigeant. Il faut développer
une bonne technique de jeu, maîtriser les rudiments et les
nuances tout en développant une belle sonorité. Aussi,
la caisse-claire doit être approchée avec une grande
rigueur rythmique.
Une des difficultés de la caisse-claire à l’orchestre
est le jeu piano. Il faut pouvoir jouer très doux tout en
conservant une belle sonorité et un rythme solide. Pour
relever le défi et surmonter la nervosité qui nous
guette lors des concerts, je crois qu’il faut tout simplement
approfondir la maîtrise technique de l’instrument.
Aussi, il faut faire ce que trop de percussionnistes oublient de
faire : RESPIRER. À titre d’exemple, voicI un petit
extrait du début du Boléro de Ravel. Cette œuvre
présente un beau défi pour le percussionniste qui
doit être rythmiquement solide du début à la
fin.
Un des aspects intéressants de la percussion est la diversité d’intruments. À part
les claviers et la caisse-claire, il faut penser à développer
le jeu des cymbales, de la grosse-caisse, du tambour de basque
(tambourine), du triangle et de bien d’autres instruments.
On pourrait aussi s’intéresser aux timbales mais je
laisse le soin aux spécialistes de cet instrument de traiter
le sujet. Il est important de dire qu’un bon percussionniste
doit bien jouer de tous ces instruments. Trop d’étudiants
négligent de travailler le triangle ou la cymbale par exemple.
Voici un court extrait de Petrouchka de Stravinsky qui demande
un jeu technique amusant.